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Vériguis

Depuis fort longtemps les moines-ascètes chrétiens et les fols-en-Christ portaient les « vériguis » sous leur habits, sur les corps nus pour « étouffer » les passions coupables de leur chair : En s’exténuant par les vériguis, leur corps s’affaiblissaient ainsi que leurs péchés (Grégoire le Théologien). On s’expliquait la nécessité de les porter en s’appuyant sur les fragments de l’Évangile de Saint Paul : Je porte sur mon corps les marques de Jésus (Ga, 6 : 17) afin de crucifier la chair avec ses passions et ses désirs (Ga, 5 : 21).

Le mot « vériguis » est traduit du vieux-slave comme « chaînes » qui ont été utilisées le plus souvent dans le but précité. Cependant, on portait aussi d’autres choses métalliques : croix, lames, anneaux, icônes, bonnets et même semelles de chaussure. Le poids des vériguis était parfois quelques dizaines de kilos !

En général, il est difficile d’affirmer à coup sûr, combien de Saints les portaient car, par l’humilité, beaucoup d’eux le faisaient en secret.

Le port de vériguis à l’époque de l’Ancienne Rous (Russie)

D’après le Paterikon des Grottes de Kiev, aux XI-XII siècles, le port de vériguis se répandit largement sur le territoire de l’Ancienne Rous parmi les moines-ascètes tels que Théodose des Grottes († en 1074), Marc le Fossoyeur († environ en 1102), Jean le Souffrant († environ 1160).

Sainte Euphrosyne de Polotsk († en 1167) porta des vériguis, pesant 7 kilos. Grâce à Dieu, en 1991 ils ont été retrouvés dans l’église de la Transfiguration-du-Sauveur et puis transportés dans le monastère du Sauveur-de l’Euphrosyne.

L’exploit de Saint Nikita le Stylite

La vie de Saint Nikita le Stylite mérite une attention particulière... Le future Saint vécut à Pereslavl-Zalesski au XII s. Il était un publicain qui ne dédaignait pas de « ruiner » complètement d’autres personnes pour s’enrichir. Mais une fois, étant à l’église, un passage du livre du Prophète Isaïe l’impressionna tellement qu’il se repentit de ses péchés et décida de changer sa vie. Donc, il demanda et reçut la bénédiction de l’higoumène du monastère Nikitski de porter les vériguis en étant constamment débout sur une colonne où également il priait et jeûnait sans cesse. Par sa vie agréable à Dieu, il obtint de Lui le don de guérir... Après beaucoup d’années ses vériguies de fer devinrent si frottés qu’ils acquirent un brillant pareil à celui d’argent. C’est pourquoi une fois des brigands décidèrent de s’emparer de ce « trésor » et tuèrent Saint Nikita. Mais quand ils comprirent que les vériguis étaient de fer, ils les jetèrent dans le fleuve Volga. Mais les chaînes ne se noyèrent pas : elles flottaient d’une manière miraculeuse et jetaient un vif éclat jusqu’à ce qu’un moine les ait aperçus et mis dans le sanctuaire du monastère Nikitski où déjà reposait Saint Nikita.

L’exploit particulier

Le port des vériguis est un vrai exploit dont toute la personne n’est pas capable. Comme Philarète (Drozdov) a écrit : Ce sont les personnes à la foi rare qui ne peuvent les porter qu’en cas particulier. C’est pourquoi il est peu probable que le père spirituel même d’un moine le bénisse pour les porter, surtout s’il vient de commencer son chemin d’ascète. Il faut être très expérimenté dans le refrènement des passions pour endurer ce « lourd fardeau » (dans tous les sens). Pour cette raison, de nos jours on ne les porte guère.

Au profit de l’âme

Le mot « vériguis » signifie aussi une « charge spirituelle » de plusieurs genres (rester constamment debout sur une colonne, jeûner, veiller toute la nuit en priant, etc.) qu’assument les chrétiens les plus fervents.

Beaucoup de personnes même croyantes ne comprennent pas la nécessité de cette restriction bénévole : « Pourquoi tout ce qui répugne à la nature biologique de l’être vivant (les jeûnes, les prières, la patience humble des vexations, le « domptage » des passions, etc.) est-il si indispensable ? Pourquoi faut-il se tourmenter si fort ? Ne vaudrait-il pas mieux vivre avec joie et insouciance »?

Pour répondre à ces questions, rappelons-nous les paroles du roi Salomon : L’amour est fort comme la mort (Ca, 8 : 6). Ici il s’agit non de l’amour charnel mais de l’Amour Absolu et Infini de Dieu qui est capable de sauver même les âmes les plus pécheresses. C’est à cet Amour précisément que les disciples de Dieu tendent, en tâchant de Lui plaire par l’abnégation totale de leurs besoins. Ainsi, aucuns vériguis ne les empêchent de se sacrifier au profit de leur âme et de la Vie Éternelle.

11.02.2020.

Traduit par Marie Dzhavadyan

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