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Saint Hiéromartyr Joseph Damascène, Lumière de Damas

En entrant dans l'église consacrée à Saint Jean de Shanghaï et de San Francisco, nous «faisons la rencontre» d'un autre guerrier du Christ, le saint hiéromartyr Joseph Damascène.

Depuis l'icône où il est représenté, il observe avec douceur et amour ceux qui entrent dans l'église de Dieu.

Cette icône est un don fait à notre paroisse par l'arrière-petite-fille de Saint Joseph Damascène, Marlène Borel. Ayant fait la connaissance de nos Sœurs en Suisse, elle décida de maintenir des liens proches avec elles…

Résidant en Suisse, Madame Borel est une amie de longue date de notre communauté. Elle a des liens spirituels forts avec notre protectrice, Sainte Elisabeth.

En la lointaine année 1888, ses ancêtres, de la famille Abou-Halka, avaient été présentés au Grand-Duc Serge Alexandrovitch et à son épouse, Elisabeth Fiodorovna, à Beyrouth. Son grand-père, Fares Abou-Halka eut la chance de devenir le filleul du Duc Serge et de recevoir son prénom, Serge, lors de son baptême. Dans l'une de ses lettres, Madame Borel a volontier partagé cette histoire avec nous.

Alors qu’ils étaient en route vers Jérusalem pour visiter la Société Impériale Orthodoxe, entre le 29 septembre et le 6 octobre 1888, le Grand-Duc Serge et la Grande-Duchesse Elizaveta ont séjourné à Beyrouth.

Le Consul général de Russie en poste à Beyrouth, Monsieur Konstantin Pektovitch d’origine serbe, a accompagné le couple princier pendant leur visite, ce qui donnera au Grand-Duc Serge la possibilité de le décorer de l’Ordre d’Anne (haute distinction à l’époque) pour ses mérites pendant son service diplomatique. En effet, il avait œuvré largement pour promouvoir la cause de l’église orthodoxe russe dans cette région, et notamment permettre l’ouverture de nouvelles écoles orthodoxes russes pour enfants.

« Lors de cette même visite princière, le Métropolite de Beyrouth et du Mont Liban, Monseigneur Gabriel Chatila, Evêque du Patriarchat orthodoxe d’Antioche, n’était autre que l'ancien élève du Prêtre et théologien Youssef (Joseph en français) Mouhana Al-Haddad qui dirigeait l’Ecole Patriarchal de Damas, continue Madame Borel. - Le Père Youssef est mort en martyr le 10 juillet 1860, tué par des fanatiques musulmans lors du soulèvement en 1860 contre les chrétiens de Syrie et du Liban. Il fut canonisé « Saint » par le Patriarcat d’Antioche à Balamant au Liban en 1993 sous le nom de Saint Joseph le Damascène.

Le Prêtre Youssef était marié à Mariam Al-Kourshi, le couple eut plusieurs fils et une seule fille nommée Elisabeth, qui épousa à Damas Fares Abou-Halka, un industriel travaillant dans le secteur du ver à soie.

Elisabeth a épousé l'industriel Fares Abou-Halka. Après la mort de son père Youssef, la famille a quitté la Syrie et s'est installée au Liban.

« On soulignera, que c’est la foi orthodoxe qui fût la cause de ces évènements historiques, car la famille Abou-Halka était connue pour sa chrétienté orthodoxe. Le Métropolite Gabriel Chatila, élève du Prêtre martyr Joseph (devenu Saint Joseph le Damascène) connaissait mieux que quiconque, la profonde piété des enfants de notre Prêtre martyr Joseph. Par ailleurs, c’est le Métropolite lui-même qui recommanda la famille Abou-Halka au Grand-Duc Serge, qui cherchait le moyen de promouvoir l’orthodoxie en Orient »

Eudokia, à cette période, attendait un fils. Le Grand Prince décida d'honorer le couple en devenant le parrain du bambin.

L’enfant attendu par le jeune couple Abou-Halka naquis le 27 janvier 1889. Selon la coutume orientale, il est d’usage de donner au premier fils de la famille, le prénom du grand-père paternel. Ainsi l’enfant fut appelé au jour de sa naissance Fares, similaire au prénom de son grand-père Fares Abou-Halka.

Le témoignage du baptême du bébé Fares, nous rapporte que le sacrement eut lieu le 18 juin 1889, à Beyrouth, dans la maison d'Abou-Halka. Etaient présents de hauts dignitaires du Patriarcat d'Antioche, le Consul général de Russie, ainsi que des invités Libanais mais aussi de l'étranger.

«à son baptême, l'enfant reçut le nom de Serge, selon la volonté du Grand Duc Serge Alexandrovich. Ainsi mon grand-père Serge Abou-Halka a toujours porté son prénom avec joie et il donna à ma mère le prénom de Sergine».

Serge Abou-Halka et son épouse (les grands-parents de Mme Borel) avec ses enfants. Sergine est dans les bras de son père.

Sergius Abou-Halka, le grand-père de Mme Borel.

Sergine Abou-Halka, mère de Mme Borel.

Mémoire du Saint Hiéromartyr Joseph de Damas

Né en 1793 à Damas, dans une famille originaire de Beyrouth, saint Joseph Al Haddad apprit un peu l’arabe et le grec, mais il dû rapidement abandonner l’école pour aider son père. Animé d’une grande soif d’apprendre, il travaillait pendant la journée et passait ses soirées et ses nuits à lire et méditer les Écritures. Au prix de grandes difficultés, il acquit ainsi une connaissance approfondie de la foi. Marié à l’âge de dix-neuf ans, il fut ordonné prêtre à vingt-quatre ans, par le patriarche d’Antioche Séraphim (1813-1823) et nommé par la suite grand économe du patriarcat. Grâce à son zèle apostolique et à son éloquence, qui le fit surnommer « Second Chrysostome », saint Joseph fut un des premiers artisans de la renaissance de l’Église Orthodoxe d’Antioche, soumise depuis des siècles à l’oppression musulmane.

Convaincu que cette renaissance ne pourrait avoir lieu que par un retour aux sources de la spiritualité orthodoxe, il entreprit la correction ou la traduction en arabe de nombreux textes liturgiques, patristiques et scripturaires, tout en participant activement à des débats théologiques avec des représentants de l’Islam, du clergé catholique de rite oriental et du protestantisme. Il fonda une école à Damas, qui reçut ensuite son nom, et enseigna également au séminaire de Balamand (1833-1840), aujourd’hui université orthodoxe. La plupart des hiérarques de l’Église d’Antioche de la seconde moitié du XIXème siècle furent ses disciples et profitèrent grandement de son enseignement. Petit de taille et chétif, il était grand par la vertu et la sagesse. Pauvre pour imiter le Sauveur qui s’est fait pauvre pour notre Salut, il refusait de recevoir de l’argent de l’Église, et ses enfants devaient travailler pour subvenir aux besoins de la famille.

En juillet 1860, lors du massacre des chrétiens de Damas, tous les fidèles se rassemblèrent dans la cathédrale, qui fût détruite au cours de ces événements, et saint Joseph les encourageait à la patience. Le lendemain, 10 juillet, comme il sortait de chez lui, pour se rendre à l’église, en portant les Saints Dons, un musulman le reconnut et s’écria : « C’est lui le chef des chrétiens ! Si nous le tuons, tous les chrétiens disparaîtront ! » Ils lui tombèrent dessus et le massacrèrent à coups de haches, ainsi que plusieurs de ses fidèles ; puis, ils traînèrent son corps, attaché à une corde, à travers les rues, jusqu’à ce qu’il soit réduit en pièces. C’est ainsi que le bienheureux scella son ministère pastoral par le sang du martyre. (Synaxaire du Père Macaire)

Son culte a été proclamé par le Synode élargi de l’Église d’Antioche, le 9 oct. 1993, première canonisation que cette Église effectuait depuis plus de trois cents ans. Une église est aujourd’hui en construction à Damas, dédiée aux trois luminaires de la cité : Saint Paul, Saint Jean Damascène et Saint Joseph.

30.05.2019

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