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L’hôte du Céleste Empire nous parle de l’orthodoxie en Chine

La majorité d’entre nous associe la Chine à la Grande Muraille, à Confucius, au communisme, à la poudre, aux lanternes célestes, aux dragons, aux idéogrammes, aux marchandises bon marché, au riz et au thé. Les croyants peuvent se souvenir aussi de Saint Jean de Shanghai et de San-Francisco. Cependant nous devons avouer que La Chine reste peu connue. Par exemple, nous ne savons presque rien sur l’histoire de l’orthodoxie dans ce pays.

Cependant, il y a déjà plus de trois siècles que l’histoire de l’Église Orthodoxe chinoise a commencé. En Chine les premiers orthodoxes étaient les « Albaziniens », les descendants des Cosaques russes qui ont été faits prisonniers par les troupes chinoises sous la dynastie Tsing en 1685. On les a amenés à Pékin, vers l’empereur Kangxi. Celui-ci a été si impressionné par la hardiesse de ces gens qu’il leur a permis de rester dans cette ville en qualité d’officiers de la garde... Malgré cela, pendant longtemps l’orthodoxie ne s’y est pas répandue largement et n’est sortie de Pékin que dans la deuxième moitié du XIX siècles.

En 1858 a été signé le traité de Tientsin qui a donné la liberté d’activité aux étrangers. Grâce à cela quelques postes missionnaires, dont les membres traduisaient en chinois des livres liturgiques et composaient des écritures sinologiques, ont été créés dans la province chinoise.

En 1899-1901 il y a eu la révolte des Boxers pendant laquelle tout ce qui était lié au monde occidental chrétien a été détruit. Donc, les chrétiens chinois ont aussi été persécutés ou même tués comme, par exemple, les célèbres 222 martyres chinois qui ont été canonisés par L'Église orthodoxe russe en 1902.

Vers 1902, il y avait 6000 fidèles chinois et 32 églises orthodoxes en Chine. En 1917, suite à la révolution d’Octobre cent milles des réfugiés orthodoxes se sont enfuis de Russie en Chine. En conséquence, vers 1949 le nombre d’églises orthodoxes chinoises s’est accru jusqu’à 103. Mais tout a changé après la révolution communiste car les Russes ont quitté le Céleste Empire et dans le pays il n’est resté que 10 000 orthodoxes chinois.

En 1956 l’Église orthodoxe chinoise est devenue autonome. Cependant, déjà pendant la révolution culturelle (1966-1976) les croyants ont été de nouveau persécutés et les églises orthodoxes ont été détruites. La situation s’est améliorée un peu après les réformes des années 1980. Malgré cela l’Église orthodoxe autonome chinoise n’a pas encore de statut officiel ni la liberté liturgique.

Pour apprendre plus sur la Chine, nous avons rencontré Martin Go, venu en pèlerinage au monastère Saint-Elisabeth. Ce jeune Chinois est devenu orthodoxe en Europe où il fait ses études en ce moment. Martin est le nom qu’il a reçu au baptême mais ses parents préfèrent le nommer Dzy Jan Go. Son père est communiste mais il a accepté le choix de son fils. Dans l’avenir, Martin veut rentrer en Chine pour toujours.

- Martin, combien  y-a-t-il d’orthodoxes en Chine ?

- Dans notre pays vivent environ 15 000 Chinois qui confessent l’orthodoxie. Mais en Chine il y a aussi beaucoup de Russes et d’Ukraniens. C’est pourquoi en générale le nombre d’orthodoxes y est plus élevé.

- De quelle nationalité sont-ils les prêtres orthodoxes qui officient dans vos églises ?

- En Mongolie-Intérieure et à Harbin les prêtres sont d’origine chinoise, à Beijing (Pékin) et dans ma ville natale Dalian (au sud de la province du Liaoning de la Chine, le long de la Corée et de l’extrême-orient russe) les prêtres sont Russes. Par exemple, dans ma ville le prêtre qui officie s’appelle André Boukhteev... La liturgie se passe le dimanche... Les églises orthodoxes vivantes se trouvent à Dalian, à Shanghaï, à Harbin, à Pékin, aussi dans les provinces la Mongolie-Intérieure et le Xinjiang (le Turkestan oriental)...

En Chine il n’y a pas d’évêques, seulement quelques prêtres.

- J’ai eu l’occasion de lire un article sur les 222 martyrs chinois... Quels sont les autres saints vénérés par les orthodoxes en Chine  ?

- Nous vénérons l’apôtre Thomas (on sait qu’il est venu en Chine d’Inde), les saints Nicolas du Japon, Jean de Shanghai et de San-Francisco ; Innocent d'Irkoutsk (qui était l’un des missionnaires en Chine ; Je suis même allé à Irkoutsk pour voir ses reliques), l’archevêque Gurias (Karpov) qui a traduit en chinois le Nouveau Testament, l’Évangile, le Psautier et d’autres livres liturgiques. Nous vénérons aussi le métropolite Innocent (Figourovsky) qui était à la tête de la Mission russe spirituelle au XX siècle en Chine. C’est lui qui a reçu les corps de la sainte martyre Élisabeth et des martyres d’Alapaïevsk à Pékin en 1920.

 

- Tous ces hommes étaient des religieux. Vous voyez-vous en tant que religieux ?

- Les deux variantes me plaisent : le clergé séculier et le clergé régulier... J’ai 25 ans, et tout dépend de la présence ou de l’absence d’une jeune fille dans ma vie... Quand je serai prêtre, je reviendrai dans ma patrie car en Chine il y a des orthodoxes mais il manque de prêtres. Cela s’explique par les relations difficiles avec le pouvoir chinois : pour devenir prêtre en Chine il faut obtenir l’autorisation du gouvernement.

- Comment et quand êtes-vous devenu croyant ?

- Je cherchais la vérité, le sens de la vie... J’ai commencé à m’intéresser aux religions quand j’étais encore en Chine. Puis, pendant un an j’ai étudié la philosophie aux États-Unis... J’ai d’abord été baptisé dans la foi catholique. Mais ensuite je suis devenu orthodoxe... J’ai compris la différence entre ces deux confessions, en étudiant les écrits du théologien Vladimir Lossky à Paris, par exemple, sur le filioque ou le pouvoir du pape. J’ai cru que la foi orthodoxe avait mieux conservé toutes les traditions chrétiennes que le catholicisme. Donc, en 2016 je suis devenu membre de l’Église orthodoxe par la confirmation. Ce sacrement m’a été donné par le recteur du séminaire orthodoxe russe à Paris, le hiéromoine Alexandre (Siniakov).

- Maintenant vous faites vos études en Europe. Voyez-vous la différence entre les Asiatiques et les Européens ?

- Oui, je vois la différence dans les cultures de ces peuples. En même temps je comprends que toutes les personnes ont quelque chose en commun. Chaque homme a une âme et chaque culture se base sur les principes de la morale et de la spiritualité. Ainsi, tous les gens peuvent trouver leur perfection en Christ.

- Est-ce que les valeurs chrétiennes sont proches du peuple chinois ?

- En Chine il y a beaucoup de chrétiens mais la plus grande partie d’entre eux sont des protestants ou des catholiques. Les bouddhistes croient aussi dans l’existence de l’âme. Mais la plupart des Chinois sont athées parce que dans notre pays règne le communisme... Le christianisme est proche de la culture chinoise par des valeurs telles que la douceur, le respect d’autres personnes et la justice. Cependant, le christianisme donne une autre explication à la vie humaine et à ce monde. Il remplit la vie de sens et nous révèle aussi l’existence du monde spirituel.

- Comment avez-vous appris sur notre monastère ?

- Le monastère Saint-Elisabeth est très connu. En Suisse, à Berne avait lieu une exposition, au cours de laquelle j’ai fait la connaissance de la soeur Hélène de ce monastère. J’ai été si impressionné par les artisanats de vos ateliers et par le récit sur le service de vos soeurs que j’ai voulu tout voir de mes propres yeux... Toute la semaine que j’ai passé à Minsk, j’ai tâché d’assister aux offices le plus souvent possible... J’étais si heureux de fêter la Nativité du Christ dans votre monastère...

Le père André Lemechonok m’a fait fort impression. J’ai vu qu’il avait confessé jusqu’à deux heures du matin... Je n’ai pas souvent rencontré de prêtres pareils.

- Martin, de quoi vous occupez-vous maintenant ?

- J’ai terminé mes études en France. Maintenant j’étudie la théologie à l’université à Fribourg, en Suisse. C’est l’archiprêtre Denys Pozdniajev qui m’a conseillé de continuer mes études en Europe. Il officie à Hong Kong... J’avais fait sa connaissance à Paris. Il m’a dit qu’en Russie il n’y avaient de facultés théologiques que dans les académies spirituelles tandis qu’en Allemagne ou en Suisse je pouvais avoir un Diplôme d’État de théologie. Mais ensuite, je voudrais entrer à l'Académie théologique de Moscou.

- Votre vie est liée à de nombreux pays... En quelle langue préférez-vous prier ?

- Je lis la Bible dans différentes traductions. Cependant je préfère prier en Chinois et en Slavon d'église. Le slavon liturgique est une langue difficile mais il possède une vraie force spirituelle. C’est pouquoi j’aime prier dans cette langue. Quant au Russe, je peux le parler seulement avec des paroissiens dans l’église... Dans mon ancienne église à Paris les offices étaient en Slavon liturgique, en Russe, en Français et en Roumain. Maintenant je vais à l’église à Berne dont les langues des offices sont le Slavon liturgique et le Russe. Parfois on peut y entendre des prières en Allemand... En Suisse il y a beaucoup d’églises orthodoxes. Par exemple, à Fribourg on peut trouver des églises de différentes confessions locales. Mais je préfère l’Église orthodoxe russe. Pour cela, je vais à Berne.

- Pourquoi est-ce qu’il est très important pour vous de prier justement dans l’église russe ?

- C’est tout simple : c’est dans le Séminaire orthodoxe russe à Paris je suis devenu orthodoxe. En Chine c’est aussi grâce aux Russes que l’Église orthodoxe est arrivée.

Vadim Yantchiouk

28.02.2019

Traduit par Marie Dzhavadyan

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