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« Les enfants du soleil »

Près du monastère se trouve la maison-internat pour les enfants-handicapés souffrants d’aliénation. Dans le temple situé sur le territoire de cet édifice a eu lieu le 22 novembre la liturgie festive consacrée au vénérable Nectaire d'Égine. Suite à l’office, les soeurs et les frères de charité ont expliqué pourquoi ce temple a été nommé en l’honneur de ce saint et ont parlé de leurs expériences personnelles avec ces enfants.

Frère Alexandre : Aujourd’hui nous fêtons le saint Nectaire d'Égine. Ce n'est pas par hasard que ce saint est notre protecteur céleste. Autrefois la moniale Marfa (l’ancienne soeur Olga) visitait souvent ce temple en bois remarquable. La vie de Nectaire d'Égine faisait toujours écho dans son coeur... Une fois elle a proposé à l’archiprêtre André de bénir ce temple en l’honneur de son saint préféré, et il y a consenti. Depuis on le nomme « le temple en l’honneur au vénérable Nectaire d'Égine »... Ce n'est pas un hasard car sa vie étais très liée aux enfants. Il travaillait comme enseignant, en prêchant la bonne parole à ses élèves... Et puis il y a une histoire intéressante : alors qu’il était enfant, il est resté tout seul sans un sou en poche dans une ville étrangère. Alors il a décidé d’écrire et d’envoyer une lettre à Dieu dans laquelle il Lui demandait de l’aider. Et Dieu lui « a répondu » : quelqu’un a lu sa lettre et lui a donné de l’argent... C’est si saisissant : il croyait d’une foi pure malgré toutes les difficultés de la vie, comme les enfants de notre maison-internat.

Frère Serge : Quand je suis venu dans cette maison-internat, je me suis posée  une question : « Pourquoi est-ce que ce temple a été nommé en l’honneur du saint Nectaire d'Égine » ?.. Moi et d’autres frères, nous ne savions rien sur ce saint. Nous pensions : « Il vaudrait mieux le nommer en l’honneur de Pantaléon, ou d’un autre guérisseur »...  Une fois, moi et ma femme, alors que nous étions en Grèce où nous visitions le monastère de la Sainte Trinité en Égine, lors de l’office festif nous avons vu des enfants, pareils à ceux de notre maison-internat, qui priaient pour leurs guérisons auprès des reliques du vénérable Nectaire d'Égine... Ainsi, grâce à Dieu, nous avons appris que ce saint était aussi un guérisseur.

Soeur Hélène : Je ne me souviens plus exactement quand je suis venue pour la première fois dans la maison-internat. Mais je me rappelle bien de premières questions que j’ai posées aux soeurs : « Qu’est-ce que je dois faire ? De quelle manière dois-je me comporter ? » Et on m’a répondu d’une manière exhaustive : « Tiens-toi calmement ; regarde, observe tout attentivement ; ne fais rien sans la permission de la soeur supérieure (c’était la moniale Marfa). Alors je me suis mise près du narthex du temple et j’ai commencé à observer comment on y amenait les habitats de la maison-internat. Cela a provoqué chez moi des sentiments contradictoires... En premier lieu j’ai éprouvé de la peur : « Comment dois-je communiquer avec eux ? Comment puis-je les aider ? »... En général, je me trouvais en plein désarroi... Malgré tout je persévérais à me rendre d’aller au temple. Au final, on me bénissait de me rendre dans la maison-internat... Je ne ressentais plus de crainte devant ces enfants, seule une grande compassion régnait dans mon coeur. J’étais impressionnée par le comportement des soeurs qui y travaillaient. Leur abnégation et zèle m’ont inspirés à suivre leur exemple. Ainsi j’ai commencé à travailler avec les enfants. J’aivais enfin compris que je me trouvais à « ma place ». Et maintenant, en y pensant, une question me vient : « Comment pouvais-je vivre autrefois sans ces enfants » ?

Frère Alexandre : On sait bien que l’anesthésie sert à supprimer la sensation de la douleur. Nous ne voulons pas nous avouer que notre monde ressemble de plus en plus à une « anesthésie générale » : nous avons peur et évitons nos peines ainsi que celles des autres. Il me semble que cela prive l’homme de sentir la profondeur de la vie. On ne peut épanouir sa vie spirituelle que par la compassion et la souffrance. Sinon elles passent outre et notre âme sera pauvre de beaucoup. Ces mots sont sublimes, peut-être, mais c’est vrai... Je suis heureux que j’aie des amis qui ont le syndrome de Down, autrement dit « les enfants du soleil » à cause de leur pureté et leur innocence.... Comme les moines, ils ne possèdent pas ce qui l’on appelle le « bien-être matériel » : des appartements, des automobiles, une bonne santé... Malgré tout, cela ne les empêchent pas de se réjouir de choses simples comme une collation, une blague ou une chanson...  Ils sont vraiment « bienheureux » (c’est-à-dire « heureux »). Grâce à leur profonde paix intérieure, ils sont plus proches de Dieu que nous, personnes ordinaires. Et, en communiquant avec eux, tu te sens aussi « bienheureux »... C’est pourquoi je pense que ceux qui ne les rencontrent jamais, auront certainement manqué quelque chose dans leur vie.

 Frère Dimitri : Ces enfants nous donnent un bon exemple par leur état d’âme particulier et leur attitude envers la vie. Même si tout était vain et mauvais, ils ne cesseraient pas de sourire, de se réjouir de tout. Ils sont capables de remercier pour un rien... Ainsi, ce sont eux, qui nous aident à surmonter les difficultés de la vie, pas nous.

Soeur Hélène : Quand un de ces enfants, en entrant dans le temple, embrasse la porte, tandis que toi, tu l’ouvres simplement... C’est saisissant. Et c’est là que tu comprends l’énorme différence qu’il y a entre vous...

Soeur Alevtina :

Nous allions avec les enfants à la liturgie,
Nos yeux se sont tout à coup déssillés :
Avec nous marchaient des « saints », non des enfants,
Ils imploraient des époques,
Ils imploraient des tribus,
Des peuples, des pays, des continents,
En exaltant le Christ en gloire,
Sans penser aux défauts de paiement, aux présidents.
Marchaient des vénérables, des moines,
Marchaient des bienheureux, des prophètes...
Ils allaient vers Dieu à bras raccourcis
Et nous menaient à leur suite.
Ils allaient dans le monastère de la réclusion,
Leur route était d’une longueur de la vie ;
Leur auréole angélique
Eclaire des rues et des jours.
Passaient des mois, des années,
Le monastère s’agrandissait curieusement...
Les personnes étaient en liesse :
« Les moines » sont sortis de la réclusion,
De grises pièces débarrées,
Dans des bottines déchirées,
Avec une « arme » spirituelle – une prière ardente ,
Ils marchaient pour voir le Christ à Novinki,
Le voir dans le rayonnement de la gloire...
Ils étaient débout près d’un autel, en priant,
Pour « mourir », s’il le faut,
Et naître de nouveau en Christ.

4.02.2019

Traduit par Marie Dzhavadyan

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